Sociologie de l'Alimentation (SOLAL)
L’équipe Solal (Sociologie de l’alimentation) réunit les sociologues d’ALISS. Partageant une même perspective résolument empiriste et articulant réflexion théorique et description des pratiques, ces recherches contribuent aux axes 1 et 3 du programme de travail du laboratoire ALISS. Les évolutions récentes du domaine alimentaire, marqué par la mondialisation comme par le maintien des spécificités nationales, suscitent de nombreuses spéculations. Afin de rompre avec des discours qui, souvent, ne reposent sur aucune validation, nos travaux visent à objectiver ces évolutions, notamment par la restitution des conditions de vie et des pratiques domestiques dans lesquelles s’inscrit l’alimentation. L'analyse des différentes étapes des pratiques alimentaires, depuis les achats jusqu’aux repas (approvisionnement, stockage, préparation culinaire, consommation), renvoie à la répartition des tâches au sein du couple et plus largement au sein de la famille, au poids des contraintes horaires exercées par le travail et la scolarité sur les rythmes quotidiens, aux contours de la sociabilité au travail et en dehors. Il s’agit alors de prendre en compte les évolutions de la société française (développement de la grande distribution et des produits transformés, hausse du niveau de vie, démocratisation des rapports sociaux, notamment de sexe et de génération, etc.) qui ont profondément modifié l'offre de produits et les conditions de leur consommation. Ces modifications posent la question de l’acceptabilité par les consommateurs des produits mis sur le marché au regard de leurs conditions de production. Ces évolutions affectent les consommateurs de façon différenciée. Nous approfondissons la question de l’alimentation à partir de l’analyse de la structure sociale des consommations et selon les différenciations sociales de consommation (notamment selon l’appartenance de genre, de génération, de classe). Notre premier objectif est de poursuivre l’analyse des disparités sociales et régionales déterminant les pratiques alimentaires. Le second est d’orienter les recherches vers des facteurs d’ordre démographique (âge, cycle de vie, structures familiales, etc.), qui contribuent à leur tour à la formation des goûts et aux pratiques de consommation alimentaire ; par exemple, l’étude des transformations des goûts et de l’acculturation des pratiques en situation de migration. Enfin, la question des relations entre alimentation et santé, qui s’exprime avec une acuité singulière ces dernières années (comme en témoigne l'attention portée par exemple à l’obésité ou au vieillissement) conduit à construire des problématiques proprement sociologiques sur des sujets qui relèvent du domaine médical, de l’épidémiologie et de la santé publique. Une des pistes privilégiées pour sociologiser ces objets est d’analyser la réception des normes (médicales, diététiques, corporelles…) véhiculées par le corps médical, les pouvoirs publics, la presse et les medias, mais aussi la famille et le groupe de pairs, et de se s’attacher aux conditions de leur mise en pratique.
Rédaction :
D. D.
Date de création : 13 Mai 2008 Mise à jour : 02 Septembre 2009 Contact : |